Les ruches urbaines ont la côte : est-ce une bonne initiative pour l’espèce ?

Les ruches en ville, une fausse bonne idée ?

En ville, tout le monde veut sa ruche afin d’y voir proliférer les abeilles et contribuer à la sauvegarde de l’espèce. Mais certains considèrent cette pratique comme déloyale et profitable à la concurrence entre individus sauvages et domestiques. Installer une ruche urbaine, est-ce réellement une bonne initiative pour l’insecte ?

Une concurrence déloyale ?

Dans les zones urbaines, les ressources en nourriture sont assez limitées pour les différentes espèces d’abeilles. De ce fait, la concurrence entre les abeilles sauvages et domestiques se trouve exacerbée. Contrairement à l’abeille domestique qui parcourt aisément plusieurs kilomètres pour butiner, l’abeille sauvage couvre un rayon de 300 à 500 mètres seulement. Elle devient donc hyperdépendante de la flore locale et peut se trouver en position de vulnérabilité en raison de la forte concurrence appuyée par l’effet de mode des ruches urbaines.

Ainsi, favoriser une seule espèce d’abeille serait particulièrement déloyal pour les abeilles sauvages qui ne parviennent plus à trouver de quoi se nourrir. Déjà grandement menacées, elles pourraient devenir encore plus vulnérables. D’autant que les abeilles domestiques ne constituent qu’un pollinisateur parmi plusieurs autres.

Une situation plus complexe qu’il n’y paraît

Ce bilan n’est pas commun à tous les spécialistes de la question. Certains pensent qu’aucune concurrence n’est effective entre ces deux types d’abeilles. Toutes les deux possèdent des origines européennes et font pleinement partie de l’écosystème local.

Avant d’être domestiquées, les abeilles à miel vivaient encore à l’état sauvage avec toutes les autres espèces d’abeilles. Les populations ont ensuite été décimées par un parasite. Cette espèce d’abeille ne peut donc subsister que dans les ruches entretenues par les apiculteurs et leurs traitements antiparasitaires. Pourtant, les autres abeilles sauvages sont elles aussi en danger. On estime que la menace pèse sur près de la moitié des colonies actuelles.

Un autre type de geste pour la nature

D’autres options sont possibles pour faire un geste en faveur de toutes les espèces d’abeilles. Au lieu de succomber au fort effet de mode porté par les ruches urbaines, les citadins peuvent choisir de leur proposer des sources de nourriture plus abondantes. Pour cela, il leur est possible de planter davantage de fleurs sauvages dans les jardins et d’autres types d’arbustes indigènes fortement appréciés par les abeilles.

En effet, tous les emplacements ne sont pas adaptés pour accueillir des ruches urbaines. D’une manière générale, une étude environnementale doit être effectuée au préalable. Elle permet de déterminer si l’emplacement est bénéfique ou non à une colonie d’abeilles.

Lorsque l’environnement ne s’y prête pas, et que l’on souhaite venir en aide à toutes les espèces d’abeilles, il reste la possibilité de planter de nouvelles fleurs. Ce geste permet de venir en aide à toutes les abeilles. Il est ainsi possible de faire plus qu’offrir un gîte a seulement quelques-unes d’entre elles.

Installer une ruche urbaine n’est pas une mauvaise idée, mais cela ne permet pas de venir réellement en aide à cet insecte menacé. Planter des fleurs sauvages et des arbustes permet de leur offrir de nouvelles sources de nourriture. Les abeilles sauvages peuvent aussi bénéficier de lieux de nidification supplémentaires.