Sport et allaitement sont-ils incompatibles ?

Faire du sport durant la période post-partum affecterait la production de lait maternel, la santé de la femme allaitante et celle du bébé. Crainte ou réalité ?

Le sport est-il préjudiciable à une femme qui allaite ?

Avec ou sans problème médical, être enceinte n’est pas toujours facile. Puis viennent les douleurs de l’accouchement, l’arrivée du bébé et le nouveau régime qui l’accompagne. Il est donc normal si la femme veut refaire du sport au premier trimestre de son enfant. La nouvelle maman souhaite récupérer son activité physique de prédilection qu’elle faisait avant d’être enceinte, autant pour le plaisir que pour la perte de poids. Sauf en cas d’un risque signalé par le médecin traitant, les mamans sont encouragées à faire du sport pendant l’allaitement.

Les avantages de faire du sport pendant l’allaitement

Les exercices physiques doux tels que la natation et la marche sont préconisés grâce à leurs effets tonifiants. Le sport aide la femme à rester en bonne santé en améliorant son niveau d’énergie après l’accouchement. En plus, la tranquillité favorise la production de lait. Les sports réduisent le niveau de stress et diminuent le risque de dépression. Les effets positifs produits par le sport sont considérables chez la femme qui allaite.

Tant que le sport pratiqué n’est pas stressant ni trop intense, celui-ci est compatible avec l’allaitement. Les séances d’exercices modérés de la mère allaitante n’ont aucun effet sur la sécrétion lactée. Le taux des principaux minéraux ainsi que celui des facteurs immunologiques présents dans le lait maternel varient un peu juste après un exercice intense, mais se reprennent dans une heure au maximum. Ces minéraux sont notamment le phosphore, le magnésium, le potassium et le sodium.

Dans certains cas, le bébé refuse la tétée après la séance de sport de sa mère. C’est dû à la hausse du taux d’acide lactique qui rend le goût du lait maternel un peu désagréable. Avec le sang qui circule, celui-ci redevient normal après 90 minutes et la tétée sera de nouveau appréciée. Il est parfois possible que les seins soient encore couverts de sueur dont le goût salé repousse le bébé s’il y est sensible. Mieux vaut toujours se laver les seins avant d’allaiter après le sport.

Comment organiser le sport avec l’allaitement

Les articulations de la femme sont un peu affaiblies par la relaxine, une hormone sécrétée durant les périodes de grossesse et d’allaitement. Bien que les femmes sportives se sentent énergiques pendant l’allaitement, il faut bien choisir son activité pour éviter les risques. Le changement du corps s’opérait graduellement pendant plusieurs semaines, on n’aura pas le ventre plat d’une manière subite.

Une mère allaitante ayant l’intention de reprendre l’activité physique doit prévoir des effets vestimentaires adéquats à sa poitrine plus volumineuse et plutôt sensible. Il est important de se procurer un bon support pour les seins comme un soutien-gorge sport. Les brassières de sport et d’allaitement 2 en 1 proposées par certaines marques s’avèrent très efficaces. Trop de pression sur les seins est pourtant à éviter afin de ne pas bloquer les canaux lactifères.

 Il est préférable d’allaiter avant le sport pour que le bébé se tienne tranquille jusqu’au retour de sa mère. Si la séance est prévue pour plus d’une heure, mieux vaut tirer le lait. Par ailleurs, avec les seins presque vides, la maman ne sera pas gênée par l’engorgement au cours de l’activité. Des coussinets hyper absorbants sont à placer dans les brassières en cas de production de lait entre les tétées.

 Le lait maternel est composé d’eau à 87%. Il faut  que la mère allaitante s’hydrate pour compenser l’eau dépensée à produire du lait. 2,5 à 3 litres de liquide sont nécessaires pour le 800 millilitres de lait fourni quotidiennement. Cet apport en eau doit être augmenté chez celles qui combinent sport et allaitement maternel. L’hydratation est à privilégier avant et au cours de la séance d’exercice.

Les sports à éviter pendant l’allaitement

Les activités physiques trop trépidantes, celles qui exigent un grand écartement de jambes ainsi que celles qui obligent à rester longtemps assise sont déconseillées. Il s’agit par exemple du vélo. Pour ne courir aucun risque, mieux vaut être prudente concernant les sports consommant beaucoup d’énergie tels que le tennis et le ski de fond. Il faut rester attentivement à l’écoute de son corps et prévenir son gynécologue ou son médecin en cas de doute.

La perte de poids ultra rapide, plus de 2kg par mois, ainsi qu’un régime alimentaire drastique sont à éviter. Les toxines accumulées dans le gras du corps passent dans le lait maternel en cas d’apports en énergie très restreints. Préférez une diète équilibrée avec un entraînement régulier pas trop intense.